Le mercredi 24 mars, a eu lieu au Café du commerce, à 20 h 30, une conférence sur le thème du « Le climat, otage de la finance » L’association « Ligugé, cap vers l’avenir » a demandé A. Bernier*, spécialiste des problèmes environnementaux, d’informer les citoyens de Ligugé sur le concept du « droit de polluer » et les pratiques qui s’y rattachent. Il a donc été question des procédés permettant aux états, aux entreprises et aux services publics d’acheter et de vendre des droits de polluer dans le cadre d’opérations boursières.
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a été créé en 1988 par l'Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l'environnement. Le GIEC réunit les plus grands scientifiques mondiaux sur la question du climat. Sa mission générale est de procéder à un examen critique de la littérature scientifique mondiale publiée, afin d’en dégager une synthèse pertinente pour éclairer les décideurs. Le GIEC publie des rapports environ tous les cinq ans. Grâce à lui, les connaissances scientifiques sur le changement climatique ont été largement relayées vers l'opinion publique. Les conclusions alarmistes des travaux du GIEC ont permis d’arriver au protocole de Kyoto.
Dans le cadre de ce protocole ( 1995) chaque pays, en fonction de son type et de son volume de production industrielle, et, de sa consommation de ressources, a reçu un « quota de crédits carbone » appelés aussi « droits de polluer » en échange d’un engagement, sur la période 2008-2012, de réduction de 5,5%, des émissions des gaz à effet de serre (GES) par rapport au niveau atteint en 1990. Ce pourcentage peut être augmenté sur décision des gouvernements. Ce qui est le cas de la France et de l’Europe.
La Russie, l’Australie, la Chine, entre autres, ont mis longtemps à le parapher. Les USA sont un des derniers pays à ne pas avoir encore ratifié cet accord.
Si sur le papier cette décision semblait être de bonne augure et de bon sens. Elle a cependant eu deux effets pervers.
Premièrement, elle ne remet pas en question le mode de production capitaliste, dont le credo est la croissance infinie. Or, de plus en plus d’analyses scientifiques montrent que ce postulat est intenable. En outre, compte tenu du manque de transparence dans le calcul, le fonctionnement et le contrôle des émissions de déchets (CO2, méthane, et autres oxydes ) cette réduction semble difficile à calculer.
Deuxièmement, la précipitation et le manque de rigueur dans les attributions nationales et locales des quotas en ont fait une nouvelle niche de boursicotage. En effet, si dans un premier temps ces « actions » ont baissé, elles ont ensuite, avec l’envol économique du Brésil, de la Chine et de l’Inde, entre autres, commencer à remonter. Ainsi, les détenteurs de ces droits à polluer peuvent, en fonction de leurs activités, ici ou ailleurs, en vendre ou en acheter par millions. Ce boursicotage s’ajoute à la liste déjà longue des activités délétères des marchés financiers ( produits dérivés, matières premières, matières alimentaires…) que les partis de gouvernement ne remettent pas en question.
Cette conférence débat, qui a drainé, 25 à 30 personnes, a été précédée d’une intervention « théâtre forum » sur ce thème. Le théâtre forum est un théâtre où il s’agit de résoudre un problème ou lutter contre une inégalité ou s’opposer à l’injustice, etc., collectivement. Il s’agit d’une saynète (appelée maquette ) jouée deux fois. La première fois, les acteurs posent le problème. La seconde, sous la direction des spectateurs, ils la rejouent en solutionnant le problème.
La maquette présentée ce soir là mettait en scène un agriculteur biologique qui voit débarquer un fonctionnaire du ministère de l’écologie venu le taxer pour la pollution provoquée par son compost.
Pour en
savoir plus sur ce sujet :
nous vous renvoyons au livre d’A Bernier* « Le climat, otage de la finance » éditions des Mille et une nuits.
Ou encore au site de futura sciences
* A Bernier fait partie du mouvement d’éducation populaire le « M’PEP »
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