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Blog de la liste d'opposition et d'ouverture de gauche à Ligugé (commune situé au sud de l'agglomération de Poitiers dans la Vienne)
Cette année encore, d’une tomate trop mûre écrasée sur le bitume, est né le pied de tomate
rebelle de la rue du Paradis.
Indépendant de la main de l’Homme, il est sans doute l’un des plus vigoureux de la région. Productif, résistant, goûtu et 100% biologique, il rappelle à chacun que la nature se débrouille très bien, voire mieux, toute seule. La seule intervention nécessaire a été de l’attacher afin de laisser un peu d’espace aux piétons qui circulent sur ce minuscule trottoir. Hors caniveau, il échappe aux pesticides municipaux… et interroge la place de la nature dans la ville.
Aujourd’hui, la ville contraint la nature. Les espaces verts sont définis clairement et aménager par l’Homme. Les végétaux rebelles sont exterminés par des pesticides …
La gestion des espaces verts n’est plus une simple question d’agrément. Elle soulève des questions de santé publique et de conditions de travail, de la pollution des rivières et de la pollution des sols, de l’absorption des gaz à effets de serre par les espaces herbeux.
Alors effectivement, les espaces verts ne sont plus qu’une simple question de pétunias. La
majorité s’est engagée dans une gestion dite durable des espaces verts en s’appuyant sur la charte du Conseil général, malgré la déclaration du maire en conseil municipal qui disait qu’il était
impossible de supprimer l’intégralité des pesticides. Le processus semble très long pour la majorité, alors que de nombreuses villes ont transformé l’essai vers Zéro pesticide en moins de deux
ans.
La mise en place de la tonte différenciée a pris toute l’année à Ligugé. Elle n’est pas
satisfaisante. Il eut été judicieux de faire une vraie campagne pédagogique et de nombreuses initiatives auraient pu être prises dès le printemps. Une concertation avec les habitants auraient pu
avoir lieu afin de distinguer les espaces verts visuels (paysager) des espaces verts de loisirs. Au lieu de friches, les jachères fleuries sont une alternative esthétique satisfaisante, ne
nécessitant aucun entretien, ni apports d’eau (talus du Chillou, espaces herbeux des zones d’activité). Le choix des plantes en jardinière porté sur des espèces adaptées aurait évité les
arrosages, surtout s’il était associé à un bon paillage. Cette gestion aurait dégagé du temps aux employés pour s’occuper des trottoirs, sans pesticides.
Les solutions existent, les enjeux sont cruciaux, alors pourquoi attendre ?
Carole Allin
Publié le 16/11/2009 à 22h02 dans Paroles d'élus